Le col des nuages à flanc de montagne donne de magnifiques panoramas sur la baie, où de petites voiles blanches tanguent sur la mer d’un bleu d’azur. Le col des nuages est souvent entouré d’un brouillard épais et de nuages qui créent un effet surréel. Cet endroit à la beauté magique est une source d’inspiration inépuisable pour les hommes de lettres et les poètes.

Au XVIIe siècle, le seigneur Nguyên Hoang estimait déjà que le Col des Nuages occupait une position stratégique excessivement importante. En effet, dans la région limitrophe de Thuan Hoa et de la province de Quang Nam, une chaîne de montagnes issue de la grande Cordillère indochinoise s’avance vers la mer Orientale et se termine par son plus haut sommet, de 1 172 m d’altitude, dont le pied repose dans la mer bleue et le faîte se confond avec les couches des nuages blancs: c’est le mont Hai Van.

Il existe dans la chaîne de montagnes Hai Van, le Nui Lien, encore appelé Nui Sen (Mont de Lotus), et le Nui Sang, toujours appelé Nui San. Auparavant, du temps des seigneurs Nguyên, le-chemin-de-mille-lieues menant de Thuân Hoa à Quang Nam franchissait les Nui Lien et Nui San, où les voyageurs de passage pouvaient se restaurer, passer la nuit dans les auberges. Les bouillons servaient aussi de rendez-vous aux marchands et aux amoureux.
Le-chemin-de-mille-lieues traversant le mont Hai Van – mont du col des nuages demandait trois jours de marche. Par la suite, le roi Minh Mang a donné une autre appellation, Thach Linh Son aux monts Nui Sen et Nui San. Sous le règne de Thanh Thai, les Français ont percé ce mont à plusieurs endroits pour en faire des tunnels, dont le plus renommé fut le tunnel de Lotus ou Ham Sen, d’une longueur de 562m, où étaient disposés des rails de chemin de fer.
Le-chemin-de-mille-lieues traversant le Col des Nuages, abrupt et dangereux, a été encaissé entre les falaises aux pentes tombées à pic et les grands gouffres. Il est sinueux, brisé. Les montées et descentes se succédaient sans fin et de nombreux passages se perdaient dans les nuages. C’était pour cette raison que le Col de Hai Van a été baptisé par les Français : “Col des Nuages

Le chemin unique franchissant le Col des nuages , construit par les Français au cours de la première période de colonisation du Vietnam (1887-1918), était témoin de valeureux exploits des forces armées populaires vietnamiennes durant les deux résistances pour le salut national.

Le col des Nuages, dont le sommet touche les nuages
Est la tombe de tous les soldats ennemis qui osent s’y aventurer !

La chanson ” Le col des Nuages, la forêt verte dans les nuages” décrit les prouesses du Régiment 108 de la garde nationale vietnamienne qui a battu tout un régiment motorisé français au pied du pont Roger, situé au nord du col, lors de la campagne militaire de Printemps-Eté 1947. Lors de la campagne du Têt Mâu Thân 1968, les commandos de l’armée de libération nationale du Vietnam ont lancé à l’improviste une attaque contre un bataillon américain de missiles et celui de soldats des forces fantoches, réalisant un illustre fait d’armes sur le Col Hai Van.

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Maintenant, les montagnes longeant la route traversant le Col des Nuages sont tapissées de centaines d’hectares de pins caraïbes et d’eucalyptus luxuriants, rendant l’environnement et le spectacle de ce site plus sain et plus beau.
Au nord-est du mont Hai Van, durant des millénaires, les vagues de l’océan, qui déferlaient à ses pieds, y ont creusé profondément la pierre, pour en former une large caverne. Elle est nommée Hang Doi, ou Caverne des chauves-souris. Ici, les lames de la mer sont hautes et violentes. Ainsi, jadis, l’itinéraire menant de la capitale Phú Xuân au territoire de Quang Nam n’était que difficilement praticable.
Au large, au nord-est de Hai Van, c’est la rade de Tra Son, encore appelée Dong Long Loan. En 1471, le roi Lê Thanh Tôn et son armada royale, alors sur le chemin de pacification du Champa, ont fait une halte dans cette rade.

Le mont Hai Van, tel un écran naturel, barrait le chemin de relais des coolies reliant Thuan Hoa à Quang Nam. Ainsi, on lui faisait porter le nom populaire de Nui Ai, Mont du Défilé. Le poète Ky Xuyên Nguyên Thong, du temps du roi Tu Duc, a écrit :

“Les falaises se dressent à la porte frontière formant un rempart accidenté, Le vent agite les nues qui se répandent en brume… ” Emerveillé par la somptuosité de Hai Van, le célèbre écrivain Nguyên Tuan a aussi improvisé les vers suivants:

“À l’estuaire, surplombe un haut bloc montagneux
Où la fumée et les nues se marient dans l’espace “

Le-chemin-de-mille-lieues serpente tortueusement, par des marches de pierre raboteuses où la végétation est luxuriante et se mêle aux roches… Le matin, les nuages assombrissent le ciel pour se dissiper au coucher du soleil. Le soir, la brume engourdit les passagers de froid.

Le roi Minh Mang (1820-1842) a fait bâtir une fortification pour la protection du col et du chemin de relais. En 1826, sur cette porte frontière du nord, était attaché un grand panneau avec trois grands caractères chinois qui signifiaient “Porte frontière de Hai Van”, et la porte frontière du sud portait six autres imposants caractères chinois:

“La porte frontière la plus grandiose sous les cieux de ce monde”. Sous l’injure du temps, il n’en reste, de nos jours de l’ancienne porte frontière, que quelques marches de pierre. Celle du nord demeure en revanche intacte.